« Trop de clémence avec l’alcool au volant ! »

Au terme du verdict du Tribunal correctionnel du 13 novembre, Vincent Julé-Parade revient sur ce procès de la violence routière.

Vincent Julé-Parade, avocat de deux jeunes plaignantes blessées en novembre 2017.
Vincent Julé-Parade, avocat des deux jeunes plaignantes blessées en novembre 2017. (©L’Action Républicaine.)

Chartres (Eure-et-Loir). Avocat spécialisé dans la violence routière, Vincent Julé-Parade a perdu sa mère en 1995, tué par un chauffard ivre.

L’homme de loi s’est alors impliqué dans de nombreuses associations en lien avec la Sécurité Routière.

Il a contribué, avec cinq de ses amis, à la création de l’opération « Sam, celui qui conduit, c’est celui qui ne boit pas ! »

« Aujourd’hui, la poche de résistance est plus du côté de l’alcool que sur celui de la vitesse. Le problème de l’alcool c’est qu’il y a un fort lobby qui fait que l’on est encore très très clément avec l’alcool au volant », explique le pénaliste.

L’alcool, un puissant lobby

Ce 13 novembre 2018, Vincent Julé-Parade défendait deux jeunes filles, originaire de Thiron-Gardais blessées lors d’un accident de la route en novembre 2017.

L’une d’entre elle avait été très gravement blessée à la colonne vertébrale ainsi qu’à l’abdomen.

Au final, la prévenue, qui était sous l’emprise de l’alcool, écope de huit mois de prison avec sursis accompagné d’une mise à l’épreuve de deux ans. De plus, en peine accessoire, elle a interdiction de repasser le permis pendant un an.

« Ce jugement m’interpelle ! »

Et l’avocat de poursuivre son réquisitoire : « Pour la prévenue, cette décision du tribunal de huit mois de prison avec sursis ne changera pas la face du monde. Le but ce n’est pas d’envoyer les gens au trou mais c’est le message. Il n’y a aucun fléau sociétal contre lequel on a lutté, notamment d’autres faits (vitesse, drogue au volant, etc.) sans que la justice n’y joue un rôle d’application. La conductrice qui a blessé mes clientes encourait jusqu’à cinq ans d’emprisonnement au vu de son casier judiciaire. Et au final, elle n’a aucun jour de prison ferme. Ce qui m’interpelle, c’est de savoir que si on lui offre encore une chance, ne lui offre-t-on pas, en plus, l’opportunité de récidiver ? Enfin, lors des débats, on a pu constater que plusieurs dossiers étaient en lien avec des gens qui ont eu une conduite dangereuse qui n’a pas fait de blessés. On leur envoie quoi comme message : Allez-y continuez ! »

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