Salles de shoot : le « Oui » des députés

Voilà une quinzaine d’années que dure le débat des salles d’injection supervisée, autrement appelées salles de shoot. Alors que ce dispositif d’accompagnement des usagers de drogues est plébiscité chez nos voisins allemands, belges, espagnols, et suisses, la France vient tout juste de donner son feu vert. Adoptée ce mardi 7 avril à l’Assemblée nationale, l’expérimentation des « salles de consommation de drogue à moindre risque » (SCMR) est prévue pour 6 ans.

Par 50 voix pour et 24 contre, cet accompagnement spécifique », estime Jean-Pierre Couteron.

Un geste plus encadré

Concrètement, des seringues à usage unique, des compresses stérilisées et des conseils d’hygiène seront délivrés dans des salles aseptisées. La prise en charge individuelle sera effectuée par des professionnels des Centres d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des Risques chez les Usagers de Drogue (CAARUD). Grâce à cette pluridisciplinarité, chacun des entrants pourra, s’il le souhaite, intégrer un parcours de soins pour apprendre à maîtriser, voire réduire, sa consommation de substances illicites.

Des points de désaccord

« Toutes ces mesures font leurs preuves à l’étranger », insiste Jean-Pierre Couteron. En France, une partie de l’opposition y voit un risque de banalisation des injections, notamment auprès du public jeune. « Il s’agit pourtant d’une problématique de santé publique ». En plus d’aider des patients souffrant d’addiction, « encadrer ce geste dans un lieu dédié épargne l’espace public de matériels souillés et de pratiques d’injections peu sécurisées ». C’est pourquoi la ministre de la Santé a insisté sur l’urgence « de prendre en compte des situations qui existent, qu’on les supporte ou pas, qu’on les voie ou pas ».

« Paris et Strasbourg sont à ce jour en première ligne pour l’ouverture des centres pilotes, mais aucune décision n’est encore arrêtée », précise Jean-Pierre Couteron. « Dans plusieurs villes de France, les professionnels des secteurs médicaux, paramédicaux et sociaux (addictologues, infirmiers, éducateurs spécialisés) sont d’ores et déjà formés à la prise en charge de la toxicomanie. Il faut désormais attendre l’aval de leur ville pour organiser à l’échelle locale l’ouverture et la gestion de ces locaux », conclut le président de la Fédération Addiction. La date d’ouverture des premiers centres n’a pas encore été définie.

Source

Article dans JIM sur ce sujet

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